Aptitude visuelle au travail et postes sur écran
Ce que le Code du travail prévoit pour les salariés sur écran, les postes à exigences visuelles, et la frontière avec la médecine du travail
📌 Qui fait quoi. L'avis d'aptitude à un poste relève du médecin du travail, seul compétent pour le délivrer et pour préconiser des aménagements opposables à l'employeur. L'ophtalmologue, lui, réalise l'examen de la vue et remet un compte rendu chiffré : acuité, réfraction, champ visuel, vision des couleurs. C'est sur cette base que le médecin du travail se prononce.
💻 Travail sur écran : un droit souvent ignoré
Le Code du travail prévoit que les salariés travaillant de façon habituelle sur un équipement à écran de visualisation bénéficient d'un examen approprié des yeux et de la vue. Il est organisé avant l'affectation au poste, puis de façon périodique, et à la demande du salarié en cas de troubles pouvant être liés au travail sur écran.
Quand les résultats le justifient et que les corrections habituelles ne conviennent pas au poste, le salarié doit bénéficier d'un dispositif de correction spécial adapté au travail concerné. Ces lunettes de travail ne sont pas à la charge du salarié.
- La demande se fait auprès du service de prévention et de santé au travail, pas directement auprès de l'employeur
- Un salarié peut solliciter lui-même une visite s'il ressent une gêne visuelle : il n'a pas à attendre la visite périodique
- Le compte rendu d'un ophtalmologue est l'élément qui rend la demande solide
👁️ Pourquoi des lunettes « normales » ne suffisent pas toujours
C'est la cause la plus fréquente de plainte chez les salariés de plus de 45 ans, et elle est largement sous-diagnostiquée. Un écran se situe à une distance intermédiaire — environ 50 à 70 cm — qui ne correspond ni à la vision de loin, ni à la vision de lecture.
- Avec des verres progressifs classiques, la zone nette pour cette distance est étroite et basse : le salarié relève le menton toute la journée, d'où des cervicalgies autant que des maux de tête
- Des verres dédiés à la vision de proximité, calibrés sur la distance réelle de l'écran, suppriment le problème
- La mesure doit tenir compte de la configuration du poste : distance à l'écran, hauteur, nombre d'écrans
Les symptômes associés relèvent souvent de deux pages de ce site : la sécheresse oculaire, aggravée par la raréfaction du clignement devant un écran, et la fatigue visuelle avec céphalées.
⚙️ Les postes à exigences visuelles particulières
Pour ces fonctions, l'évaluation va au-delà de la simple acuité :
| Poste | Fonctions visuelles évaluées |
|---|---|
| Conduite d'engins, CACES, cariste | Acuité de loin, champ visuel, vision du relief, éblouissement |
| Travail en hauteur | Vision du relief, équilibre visuel, absence de diplopie |
| Électricien, habilitation électrique | Vision des couleurs, acuité de près |
| Soudure, métiers exposés aux rayonnements | État de la cornée et du cristallin, protection adaptée |
| Sécurité, transport de personnes | Acuité, champ visuel, vision nocturne |
| Contrôle qualité, travaux de précision | Acuité de près, sensibilité aux contrastes, vision des couleurs |
Une anomalie de la vision des couleurs est le plus souvent congénitale, stable et parfaitement compatible avec la vie courante : beaucoup de personnes la découvrent à l'occasion d'un examen professionnel. Elle n'est limitante que pour certains postes précisément identifiés.
🩺 Ce que nous réalisons
- Acuité de loin, de près et en vision intermédiaire, à la distance réelle de votre poste
- Réfraction complète et prescription adaptée au travail sur écran si nécessaire
- Vision binoculaire et convergence — une insuffisance de convergence explique bien des fatigues en fin de journée
- Test de la vision des couleurs quand le poste l'exige
- Champ visuel automatisé pour les postes de conduite ou de sécurité
- Évaluation du film lacrymal et de la surface oculaire
- Compte rendu chiffré destiné au médecin du travail
💡 Aménager son poste
- Écran à 50–70 cm, bord supérieur légèrement en dessous du niveau des yeux : le regard descend légèrement, ce qui réduit l'évaporation des larmes
- Écran perpendiculaire aux fenêtres, jamais face à une source lumineuse ni dos à elle
- Règle des 20-20-20 : toutes les 20 minutes, 20 secondes de regard au loin
- Clignement volontaire et larmes artificielles si la surface est sèche ; aération, éloignement des flux de climatisation
- Les verres anti-lumière bleue améliorent parfois le confort mais ne corrigent aucun défaut optique : ils ne remplacent pas un bilan
Centre conventionné secteur 1 avec tiers payant, accès direct sans ordonnance, médecine générale sur place.
❓ Questions fréquentes
Mon employeur doit-il me faire examiner la vue si je travaille sur écran ?
Les lunettes pour le travail sur écran sont-elles prises en charge ?
Pourquoi mes progressifs me gênent-ils devant l'écran ?
L'ophtalmologue délivre-t-il l'avis d'aptitude ?
Je viens d'apprendre que je distingue mal les couleurs, est-ce grave ?
Les verres anti-lumière bleue sont-ils utiles ?
Accès aux soins : centre de santé conventionné secteur 1, tiers payant pratiqué, y compris pour les bénéficiaires de la C2S, de la CMU et de l'AME. L'ophtalmologue est en accès direct spécifique : aucune ordonnance du médecin traitant n'est nécessaire, sans majoration de tarif.
Sources : Code du travail, dispositions relatives au travail sur équipements à écran de visualisation et à la surveillance médicale · INRS, recommandations sur le travail sur écran. Cette page est à visée d'information et ne remplace pas une consultation médicale.